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Règlement européen · Cybersécurité des produits

Cyber Resilience Act : gardez l’accès au marché européen

Depuis le 11 septembre 2026, les fabricants de logiciels et d’objets connectés doivent signaler sous 24 heures les vulnérabilités exploitées de leurs produits. Nous mettons ce processus en place, puis préparons le marquage CE, exigé dès le 11 décembre 2027.

L’essentiel

À jour au

Nature
Règlement européen
Contrôle
ANFR pour le marché, CERT-FR pour les signalements
Signalement
Alerte sous 24 h, applicable depuis le 11 septembre 2026
Marquage CE
Obligatoire à partir du 11 décembre 2027
Avec Radome
6 à 12 mois selon le nombre de produits
Enjeux

Êtes-vous fabricant au sens du CRA ?

Le règlement vise des produits, pas des secteurs. Si l’une de ces situations est la vôtre, l’obligation de signalement s’applique déjà, y compris aux produits vendus avant septembre 2026.

  1. Vous éditez un logiciel installé chez vos clients

    Application mobile ou de bureau, agent, extension, bibliothèque, micrologiciel : tout logiciel fourni dans l’Union dans le cadre d’une activité commerciale, même gratuit, est un produit.

  2. Votre application dépend de votre API

    Si l’une de ses fonctions dépend de votre API ou de votre base de données, le service qui les fournit devient sa « solution de traitement de données à distance », couverte elle aussi.

  3. Vous concevez un objet connecté

    Le matériel, son micrologiciel et le cloud qui le pilote sont couverts. Une serrure connectée ou un routeur est même un produit important, à l’évaluation plus stricte.

  4. Un industriel intègre votre composant

    Il répond de son produit fini et doit vérifier ce qu’il y intègre : attendez-vous à des questions sur vos dépendances, vos correctifs et la durée pendant laquelle vous les assurez.

Exigences

Ce que le CRA exige. Pendant toute la vie du produit.

Des exigences sur le produit et sur vos processus, à tenir toute la période d’assistance : au moins 5 ans, davantage si le produit reste utilisé plus longtemps. Chaque correctif reste ensuite disponible 10 ans.

Annexe I, partie I

Sécurisé dès la conception et par défaut

Selon votre analyse de risques : aucune vulnérabilité exploitable connue à la mise sur le marché, configuration sûre par défaut, mises à jour de sécurité automatiques, accès contrôlés, données chiffrées.

Annexe I, partie II

Des vulnérabilités suivies et corrigées

Une nomenclature des logiciels (SBOM) lisible par machine, au moins pour les dépendances directes, des tests de sécurité réguliers, une politique de divulgation coordonnée, des correctifs gratuits et sans retard.

Article 14

Une alerte sous 24 heures

Vulnérabilité activement exploitée ou incident grave : alerte sous 24 heures, notification sous 72 heures, puis rapport final, sur la plateforme de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA).

Articles 13 et 28 à 32

Une évaluation, puis le marquage CE

Documentation technique, notice de sécurité, fin de la période d’assistance annoncée à l’achat, évaluation selon la catégorie du produit, déclaration UE de conformité : le marquage CE vient en dernier.

Ce que le CRA ne fait pas

  • Il ne délivre pas de « certificat CRA » : pour la plupart des produits, c’est vous qui évaluez et déclarez la conformité, sous votre responsabilité.
  • Il ne vise pas un SaaS autonome : sans logiciel installé ni objet connecté qui dépende de lui, un service en ligne n’est pas un produit au sens du CRA.
  • Il porte sur vos produits, pas sur la sécurité de toute votre entreprise : il ne tient lieu ni d’ISO 27001 ni de NIS 2.
  • Il n’attend pas les normes harmonisées : les exigences s’appliquent en décembre 2027, que les normes de votre catégorie soient prêtes ou non.
Méthode

Du périmètre au marquage CE. Le signalement en premier.

Un workshop hebdomadaire d’une heure avec la personne qui décide des mises en production. Nos recommandations arrivent en tickets, dans vos outils, et nous restons à vos côtés en asynchrone.

  1. État des lieux

    Produits, rôle et catégorie

    Nous recensons vos produits, leurs versions, leurs composants et les services en ligne associés, qualifions votre rôle (fabricant, importateur ou distributeur) et classons chaque produit : catégorie par défaut, important ou critique.

    Livrables

    Inventaire classé, écarts priorisés

  2. Feuille de route

    Priorité à ce qui s’applique déjà

    Le signalement passe en premier : qui détecte, qui qualifie, qui déclare sous 24 heures sur la plateforme de l’ENISA, qui prévient vos clients. Les exigences produit sont ensuite planifiées version par version, avant le 11 décembre 2027.

    Livrables

    Procédure de signalement, plan daté par produit

  3. Mise en œuvre

    La sécurité dans votre cycle de livraison

    Analyse de risques par produit, SBOM produite par votre intégration continue, point de contact et politique de divulgation, correctifs séparés des évolutions quand c’est possible : chaque exigence trouve sa place dans vos outils.

    Livrables

    Analyses de risques, SBOM, politique de divulgation

  4. Contrôle

    Évaluation, déclaration UE, marquage CE

    Contrôle interne ou organisme notifié selon la catégorie : nous montons la documentation technique et la déclaration UE, fixons avec vous la période d’assistance, puis relisons le dossier comme le ferait l’autorité de surveillance.

    Livrables

    Dossier technique, déclaration UE de conformité

Offres

Mettre vos produits en conformité CRA. Trois façons de travailler ensemble.

Le prix dépend du nombre de produits, de leur catégorie et de votre point de départ. Un système de management ISO 27001 couvre déjà une part des processus : incidents, vulnérabilités, fournisseurs.

Vous disposez d’un RSSI ou d’une équipe sécurité

Accompagnement à la conformité

À partir de 3 000 € HTpar mois, en fonction des référentiels

Votre CTO ou votre équipe sécurité porte le sujet. Nous qualifions vos produits, menons l’analyse de risques, rédigeons politiques et procédures, et préparons l’évaluation.

Vous n’avez pas de responsable sécurité

RSSI externalisé

À partir de 4 500 € HTpar mois, engagement de 12 mois

Nous pilotons le signalement, la gestion des vulnérabilités et les dossiers techniques, test d’intrusion ou audit technique inclus, pendant que vos équipes livrent.

Votre besoin est spécifique

Sur mesure

Sur devisaprès un premier échange

Plusieurs gammes de produits, un passage par organisme notifié, ou le CRA mené avec ISO 27001 ou l’AI Act sur un seul plan de travail.

Missions ponctuelles

À partir de 6 000 € HT chacune

Toutes les missions

  • Analyse d’écartsSavoir quels produits sont concernés, dans quelle catégorie, et ce qui manque avant décembre 2027.
  • Analyse de risquesL’évaluation des risques de cybersécurité exigée pour chaque produit (article 13), jointe au dossier technique.
  • Test d’intrusionDes tests de sécurité réguliers sont exigés, au rythme de votre analyse de risques : le rapport rejoint le dossier technique.
  • Audit techniqueL’architecture et le code de votre produit revus au regard de l’annexe I : surface d’attaque réduite, configuration sécurisée par défaut.

Durée habituelle

6 à 12 mois selon le nombre de produits

Frais en sus

Si votre produit passe par un organisme notifié, ses frais sont facturés en sus, directement par lui.

FAQ

Questions fréquentes sur le CRA

Une autre question ? Écrivez-nous

Mon SaaS est-il concerné par le CRA ?

Un SaaS autonome n’est pas un produit au sens du CRA : il relève d’autres textes, comme NIS 2. Tout change si vous fournissez aussi un logiciel ou un objet connecté : application mobile ou de bureau, agent, extension de navigateur. Ce logiciel est un produit, et si l’une de ses fonctions ne peut pas s’exécuter sans votre API ou votre base de données, le service qui les fournit devient sa « solution de traitement de données à distance », couverte elle aussi. Seule cette partie du service est concernée, pas la sécurité de tout votre système d’information.

Quelles sont les échéances du CRA ?

Le règlement sur la cyberrésilience est entré en vigueur le 10 décembre 2024. Les règles sur les organismes notifiés s’appliquent depuis le 11 juin 2026, l’obligation de signalement depuis le 11 septembre 2026. Toutes les autres obligations, marquage CE compris, s’appliquent à partir du 11 décembre 2027. Le signalement vaut aussi pour vos produits déjà sur le marché ; les autres exigences ne s’imposent à un produit mis sur le marché avant le 11 décembre 2027 que s’il fait ensuite l’objet d’une modification substantielle, par exemple une mise à jour qui change son utilisation prévue.

Que faut-il signaler, et dans quels délais ?

Une vulnérabilité activement exploitée dans votre produit, c’est-à-dire utilisée par un acteur malveillant, et tout incident grave touchant sa sécurité. Une faille trouvée par un chercheur ou lors d’un test d’intrusion, sans exploitation connue, n’a pas à être déclarée. Pour chaque événement : alerte précoce sous 24 heures, notification sous 72 heures, puis rapport final, au plus tard 14 jours après la mise à disposition d’un correctif pour une vulnérabilité, un mois après la notification pour un incident. La déclaration passe par la plateforme unique de signalement de l’ENISA et parvient en même temps au centre de réponse aux incidents de sécurité informatique (CSIRT) coordinateur, le CERT-FR pour une entreprise établie en France. Vous informez aussi les utilisateurs touchés. Aucune équipe dédiée n’est imposée : il faut un point de contact unique et une organisation qui tienne les délais.

Importateur, distributeur, marque blanche : qui fait quoi ?

Le fabricant porte l’essentiel des obligations : c’est celui qui commercialise le produit sous son nom ou sa marque, qu’il l’ait développé lui-même ou fait développer. Vendre sous votre marque un produit conçu ailleurs fait donc de vous son fabricant, tout comme modifier substantiellement un produit existant. L’importateur, qui met sur le marché européen le produit d’une marque établie hors de l’Union, vérifie avant la vente l’évaluation de conformité, la documentation technique, le marquage CE, la notice et la date de fin de la période d’assistance. Le distributeur contrôle le marquage CE et ces documents. Tous deux signalent au fabricant les vulnérabilités qu’ils découvrent et ne vendent pas un produit qu’ils ont des raisons de croire non conforme.

Faut-il passer par un organisme notifié ?

Pour la plupart des produits, non : dans la catégorie par défaut, vous évaluez vous-même la conformité par un contrôle interne, signez la déclaration UE, puis apposez le marquage CE, sur la déclaration ou sur le site qui accompagne un logiciel. Un produit important de classe I, comme un VPN ou un gestionnaire de mots de passe, peut suivre la même voie s’il applique entièrement une norme harmonisée, une spécification commune ou un schéma européen de certification ; sinon, un organisme notifié intervient. En classe II, comme un pare-feu ou un hyperviseur, un tiers intervient toujours. Seule compte la fonctionnalité de base : intégrer un navigateur à votre produit n’en fait pas un produit important. Les normes harmonisées sont encore en préparation, certaines jusqu’à fin 2027, et l’ANSSI prévoit les premières notifications d’organismes fin 2026 : un produit concerné se prépare tôt.

Qu’en est-il de l’open source ?

Un logiciel libre n’entre dans le périmètre que s’il est fourni dans le cadre d’une activité commerciale. Publier une bibliothèque sans la monétiser, ou contribuer au code d’un projet, ne fait pas de vous un fabricant. La monétiser, par exemple en facturant un support au-delà de son coût ou en en faisant la porte d’entrée d’un service payant, en fait un produit. Si vous intégrez un composant open source, vous restez responsable du produit entier : vous le vérifiez avant de l’intégrer, signalez ses vulnérabilités à ses mainteneurs et les corrigez dans votre produit. Les fondations qui soutiennent durablement des projets libres utilisés commercialement relèvent d’un régime allégé, celui d’« intendant de logiciels ouverts ».

Que risque-t-on en cas de manquement ?

Jusqu’à 15 millions d’euros ou 2,5 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu, pour les exigences essentielles et les obligations du fabricant, signalement compris. Jusqu’à 10 millions ou 2 % pour les autres obligations, comme la documentation, le marquage CE ou les devoirs des importateurs et distributeurs, et 5 millions ou 1 % pour des informations inexactes fournies aux autorités. La taille de l’entreprise entre dans le calcul. L’autorité de surveillance du marché, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) en France, peut aussi exiger une mise en conformité, le retrait ou le rappel du produit.

Pour aller plus loin

Ce qui se prépare avec le CRA. Et de quoi tester vos produits.

  • Certification

    ISO 27001

    Elle ne suffit pas pour le CRA, mais apporte les processus qu’il suppose chez le fabricant : incidents, vulnérabilités, fournisseurs.

  • Réglementation UE

    AI Act

    Un produit avec IA à haut risque qui respecte le CRA est réputé satisfaire aux exigences de cybersécurité de l’AI Act.

  • Article

    CRA : ce qu’il faut signaler depuis le 11 septembre 2026

    Depuis le 11 septembre 2026 : qui doit signaler, quoi, dans quels délais, et comment tenir les 24 heures.

  • Guide

    Test d’intrusion applicatif : le guide pour les entreprises tech

    Préparer un test dont le rapport documente la sécurité de votre produit et nourrit votre dossier technique.

Prochaine étape

Passons vos produits au crible du CRA.

Un premier échange gratuit de 30 minutes pour qualifier vos produits, vérifier votre procédure de signalement et estimer l’effort d’ici 2027. S’ils ne sont pas concernés, nous vous le dirons.